jeudi 13 octobre 2011

München ou la fête de la Bière.

NB : Cette fois, crédits photos à Anne-Cécile, Déborah, Marie, Héloïse ! Merci à elles !

Peu après mon arrivée à Eichstätt (qui a coïncidé avec l'arrivée de plein d'autre monde à Eichstätt en fait), nous avons poussé jusqu'à Munich
  • moitié pour aller voir la ville
  • moitié parce qu'à force de se faire rabattre les oreilles avec des "Oh, mais tu vas pouvoir aller à l'Oktoberbest alors", on avait envie d'aller voir à quoi ça ressemblait en vrai.
Il faut savoir que l'Oktoberfest ne se déroule pas en octobre. De ce fait, on peut la placer dans la catégorie des "faux-amis" dont tous les profs de langue nous disent qu'il faut se méfier. Cette année, l'Oktoberfest (aussi connue sous le nom de fête de la bière) se tenait du 17 septembre au ... 3 octobre !

En fait, l'Oktoberfest pourrait être séparée en deux parties :
  • une immense fête foraine
  • des immenses chapiteaux sous lesquels on peut boire de la bière et manger des bretzels XXL.
Chaque marque de bière possède son propre chapiteau, et donc on peut choisir l'endroit où on s'installe en fonction de la marque de bière désirée. Évidemment, cette répartition nécessite de s'être baladé un petit peu dans le "domaine" pour s'en rendre compte et comme il était presque midi quand nous sommes arrivés, nous avons préféré, plus rationnellement, rentrer dans le premier chapiteau, s'assoir et manger (et boire).

Je ne sais pas si je pourrais réussir à décrire l'ambiance. Au milieu flotte une sorte de cupidon à moustache et à képi, posé sur un nuage et jouant de la harpe. Très kitsch, et absolument hors-contexte.



La première chose qui frappe quand on rentre, c'est qu'habillé en jean, on fait touriste. Je vous explique : la quasi-totalité des "locaux" sont habillés en dirndl (pour les filles) ou lederhosen avec bretelles et chemises à carreaux (pour les garçons, et parfois quelques filles).

Le local boit sa masse (1L) de bière cul sec et debout sur une chaise (ou une table, selon les moyens disponibles). On entend alors une grande clameur s'élever, toute la salle encourageant le courageux buveur. Ou la courageuse buveuse, si si si, on en a vu. Malheur à lui s'il ne réussit pas à tout boire : il doit se rassoir sous les huées des bavarois, couvert de honte à jamais.

Les touristes, eux, regardent tous ces fous d'un œil mi-étonné mi-envieux, semblant se demander s'ils ont aussi le droit de monter sur les tables et de boire leurs bières cul sec.



En fond musical un orchestre joue des chansons bavaroises. Au niveau de la musique, on se croirait à la fête de village du coin. Par contre, quand on fait attention aux paroles ... On peut noter une connaissance importante des chansons à boire chez les bavarois de tous âges.

Pour vous donner une idée de l'ambiance

Sinon, l'ambiance est vraiment à la fête : on a croisé une bande de 4 policiers en bas d'un manège, qui semblaient regarder avec intérêt le manège en question. En levant la tête, on a vu leurs 3 compagnons assis dans les sièges, prêt à attendre le début du tour. Voyez vous même !



L'autre must have de l'Oktoberfest, ce sont ces pains d'épice en forme de coeur, que le local porte avec fierté autour du cou. Les touristes, eux, ont plutôt tendance à le garder dans le sac - pas facile de s'adapter aux coutumes locales ...







Enfin, ne vous y trompez pas, nous n'avons pas passé notre journée à l'Oktoberfest. On a aussi pu visiter le centre-ville munichois - sous le soleil, évidemment - et notamment la Marienplatz et ses alentours.




L'Asamkirche était à l'origine une chappelle privée construite par les frères Asam (d'où le nom de l'église, qui est officiellement consacrée à Saint Jean Népomucène) au milieu du XVIIIème siècle. Côme Damien et Egid Quirien, un sculpteur et un peintre, l'ont construit attenante à leur maison. Comme vous pouvez le voir, le style est vraiment très rococo (trop peut être ?). Cependant, la richesse de l'église a rendu jaloux les autres fidèles, et ils ont fini par en faire cadeau à la ville de Munich ... Leur maison, par contre, n'est pas ouverte au public.




Sur la droite la façade de l'église, et à gauche, la maison des frères Asam.



La Marienplatz est vraiment le cœur de Munich. On y trouve l'ancienne mairie (la Rathaus, littéralement la maison des conseils) et la nouvelle. A partir de là, on peut accéder à quasiment tous les hauts-lieux historiques de la ville.


A gauche la nouvelle mairie. A droite le carillon (Glockspiel). En dessous encore la nouvelle mairie (ça en jette, non ?)


A notre grande surprise, nous sommes tombés sur une manifestation anti-islam. Un petit groupe de personnes se tenait sur le côté de la Marienplatz et expliquait aux passants que "Islamisierung, nien danke" (L'islamisation ? Non merci). La reprise de ce slogan et de ce logo anti-atomique (vous avez forcément vu ce petit autocollant quelque part, ils ont pullulé après l'accident de Fuskushima) est très étonnante, et notre côté français-laïque a été assez choquée par la vue. Briand, Jaurès et les autres socialistes du début du XXème pourraient être fiers de nous : en France, la religion est très majoritairement passée dans la sphère privée, et on s'en rend tous compte un peu plus chaque jour.

Un autre exemple est qu'à notre arrivée en Allemagne, tous les étudiants étrangers (et les étrangers qui s'installent, je suppose) doivent se faire enregistrer à la mairie. Un questionnaire est donc distribué par l'Office International de la KU, qu'il faut compléter et donner à la mairie. L'un des renseignements demandés est la religion de la personne ... Cette question a d'ailleurs provoqué beaucoup de vagues au sein du double-cursus, et pas mal de débats entre français outrés et allemands étonnés d'une telle "sur-réaction" ... Mais en même temps, ça nous a permis de confirmer que "Ils sont fous ces allemands !" (citation d'Obélix).





Pour finir, comme c'est vraiment assez indescriptible, je vous laisse avec quelques photos !

Chien en Lederhose ... Y'en a pour tous les goûts !



Fûts de bière qui se baladent dans l'Oktoberfest (de la marque Hofbräu)


Même les tapis des chevaux sont sponsorisés par la bière !
 

 Ordralphabétix version 2011. "Ils sont beaux mes poissons ! Ils sont beaux !"

samedi 8 octobre 2011

Eichstätt, en vrai

NB : Comme je n'ai pas pris d'appareil photo avec moi, j'ai récupéré celles qui ont été prises par Héloïse et Marie (et Déborah pour la brochette de rousses) ! Pour toute déclaration d'admiration devant le talent de photographe, c'est à elles qu'il faut s'adresser ...

Je suis donc arrivée à Eichstätt le 27 septembre dernier. Les premiers jours ont été assez chargés. Pour commencer, je n'avais pas de lit. Ni d'oreiller ou de couette d'ailleurs. J'ai donc commencé mon séjour ici par un petit tour à l'Industriegebiet :  la zone indostrialo-commerciale qui se trouve au sud-est d'Eichstätt alors que moi, j'habite au nord ouest (ça me fait garder un lien léger avec ma chère Bretagne natale). Comme première visite d'Eichstätt, on peut quand même mieux faire.

C'est vrai que je rigole beaucoup avec Eichstätt, dont on parle entre nous comme d'un "petit trou paumé au milieu de la Bavière", mais la ville est plus peuplée que Dinan ou Quimperlé par exemple (et un petit peu moins que Morlaix). Ce n'est donc pas non plus ce "trou paumé" que je décris souvent. Je me dois donc de faire mon mea culpa. Ce qui est vrai, par contre, c'est la spécificité géographique d'Eichstätt : elle se trouve dans une vallée (le long de l'Altmühl), donc ça renforce le côté isolé. Surtout quand on apprend que la gare est desservie par le principe de la micheline que les habitants des communes de Centre-Bretagne connaissent bien : le train s'arrête à l'entrée de la vallée, et ensuite un tout petit train (une micheline, donc), attend pour desservir toutes les petites communes jusqu'à Eichstätt. Forcément, ça augmente considérablement le temps de transport pour rejoindre Munich ou Nuremberg (les deux grandes villes les plus proches).

Passées les considérations logistiques (c'est-à-dire une fois les valises défaites, le lit acheté et le traditionnel passage à Ikéa pour compléter tout ce qui manque - et même plus), j'ai enfin pu commencer à savourer la ville. Et comme l'été indien n'a pas épargné la Bavière, ce fut un vrai plaisir.

Marktplatz (la place du marché)

Pont sur l'Altmuhl avec vue sur la façade du Dom


A droite, maison eichstättoise classique (oui, le style laisse un peu à désirer, on est bien d'accord ...). Et à gauche, l'intérieur du Dom.


 Le Dom, toujours, mais pas la même vue.

 L'Altmühl by night








Eichstätt étant dans une vallée (vous l'aurez compris), dès qu'on veut se promener un peu, il faut s'adonner à la grimpette. Mais on tombe toujours sur des endroits très sympathiques. Dans le petit ruisseau sur la droite de la photo, il y avait des énormes carpes, toutes cachées sous le petit pont qu'on aperçoit.











Une belle brochette ... de rousses !

 De l'autre côté de la vallée.

D'ailleurs, en parlant de grimpette, avec les double-cursus, nous sommes allés nous balader (et pique-niquer) le long de la Frauenberg (approximativement, un des bords de la vallée). Ce qui est assez étonnant (et rageant aussi), c'est qu'une fois qu'on est monté jusqu'en haut de la vallée, c'est plat (l'inverse aurait été étonnant, et beaucoup moins amusant ...).


Tout à gauche, le grand bâtiment avec un toit rouge, c'est un monastère. Et si vous pouviez vous retournez, juste de l'autre côté de la photo (oui, c'est vraiment beaucoup demander à votre imagination, je sais), vous verriez une petite chapelle. Oui, Eichstätt est vraiment une ville catholique. On trouve de très nombreuses églises (j'en ai déjà parlé), mais il est aussi très courant de croiser une sœur ou deux dans le centre-ville, parfois à bicyclette parfois à pied. La première fois qu'on en voit, il faut réfréner l'envie de sortir l'appareil photo et de faire son touriste-japonais-qui-prend-tout-en-photo. (Oui, évidemment, comme je n'ai pas d'appareil photo, l'envie est réfrénée plus facilement, mais si j'avais eu un appareil photo, ça aurait été plus dur ...).

Le week-end dernier, le centre ville s'est transformée en marché géant à l'occasion de la Kirchweih, une fête pour remercier Dieu de la récolte. En symbole, un autel rempli de nourriture (maïs, mais rouge, pain, pommes de terre, etc) trône au milieu de la Marktplatz.

"Eh, tu crois qu'on pourrait jouer à la marchande avec tout ça ?"







Plus original, on peut trouver des chameaux lors de la Kirchweih d'Eichstätt !
(Je vous passe la discussion que tout le monde a eut un jour sur "Mais, c'est un chameau ou un dromadaire ? Tu sais toi, lequel a une bosse et lequel en a deux ?" puisque'après avoir fait une recherche internet, je peux vous confirmer qu'avec deux bosses, c'est forcément un chameau. Ou alors un dromadaire qui a fait de la chirurgie esthétique, mais comme c'est rare, on peut éliminer cette hypothèse)






 La Marktplatz se bonde et se recouvre de boutiquesoù l'allemand peut acheter
sa currywurst (saucisse au curry), sa bière ou son bretzel à toute heure du jour
(heure incongrue, de préférence).


 Dirnld (costume traditionnel bavarois) pour poupées et/ou bébés.

Moutons en pierre (aucun intérêt culturel, c'est juste trop fort je trouve).



Voilà voilà, à présent, vous savez tout sur la magnifique ville d'Eichstätt (et aussi ce que j'y ai fait depuis que je suis arrivée) ! Pour être complètement exhaustif, il faudra parler du "château sur la colline" qui se trouve au nord ouest d'Eichstätt, mais comme je ne l'ai pas vraiment visité, je vous laisse avec un photo des jardins ! Profitez !



lundi 3 octobre 2011

Baloo reprend du service !

Bienvenue à toi qui (re)tombe sur ce site !

Après avoir passé deux mois à Brême cet été, Baloo reprend du service. Mais un peu plus au sud, cette fois, puisque j'ai commencé un périple long de deux ans en Bavière, à Eichstätt, très précisément.

Comment ça vous ne connaissez pas Eichstätt ? Honte à toi, pauvre lecteur ! Je pourrais vous renvoyer à la page Wikipédia, mais pour être honnête, cela ne vous apporterait pas grand chose. Enfin si, peut-être quelques données factuelles : 
  • d'abord (vous ne vous en doutiez pas), Eichstätt est une petite ville : 12 964 habitants au recensement de juin 2005 - source wiki - qui se trouve en plein centre de la Bavière, entre Munich (à 107 km) et Nuremberg (à 80 km). 
  • Eichstätt est une ville très majoritairement catholique : les chiffres diffèrent selon que l'on prenne en compte les églises uniquement ou les églises et chapelles, mais on compte une vingtaine d'églises sur la commune.
  • Accessoirement, Eichstätt a remporté la finale des Jeux sans Frontières en 1966. Oui, la page Wikipédia est décidément pleine d'informations utiles.
Maintenant que vous savez tout sur ma nouvelle ville, je vais tenter de répondre à la question que tout le monde me pose en apprenant l'endroit où je suis. "Mais, pourquoi Eichstätt ?" C'est vrai. Pourquoi pas plutôt toutes ces destinations exotiques, à en faire pâlir d'envie une agence de voyage : en Suède ou en Pologne, à Séoul, New-York, Mendoza, Jérusalem ou, plus près Londres ou Birmingham ? En fait, il me suffirait de vous ressortir la lettre de motivation (en allemand) que j'ai rédigée il y a un an et demi pour tenter d'intégrer le double-cursus. Mais ce serait trop facile. Commençons par le commencement.

Lorsque j'étais une jeune première année (1A ou Erstie dans le jargon local), j'ai eu le droit à une présentation faite par des deuxièmes années (2A ou Zweities) sur le double cursus. Ils étaient passionnés et par ce qu'ils disaient, mais ça semblait un peu trop beau pour être vrai. Et de toute façon, moi et l'allemand, ça n'avait jamais été une grande histoire d'amour. Non. Je voulais partir dans un pays anglophone. Les États-Unis peut-être, ou bien l'Angleterre. Et puis, petit à petit, j'ai commencé à réfléchir ... [Ci-dessous un aperçu rapide de ce qui m'est passé par la tête à l'époque]

Donc "Pourquoi Eichstätt ?". Déjà, parce qu'Eichstätt est en Allemagne (vous l'aurez compris), et que j'ai décidé qu'il était grand temps que j'apprenne à parler allemand et, pour ça, le plus simple reste encore de partir étudier en Allemagne. Soit. Mais j'aurais aussi bien pu partir en Erasmus à Berlin ou Münster, deux villes plus attirantes pour beaucoup d'étudiants. Oui, mais, là bas, on ne peut rester qu'un an. Or, intégrer le double-cursus, c'est partir pour deux ans. Mon côté germaniste-désespérée m'a soufflé qu'il me faudrait bien ça pour apprendre à parler allemand. Mon côté "pense-à-ton-futur" m'a fait remarqué qu'avec deux ans, mon niveau d'allemand serait normalement très bon, donc que ça ferait bien sur le CV. Il a ajouté qu'un double cursus, c'est un double diplôme (master de l'IEP et master en Politikwissenschaft de l'université allemande), donc encore mieux. Et puisque, comme le disent les adultes "je-ne-sais-toujours-pas-ce-que-je-veux-faire-comme-métier-quand-je-serais-grande", mieux vaut mettre toutes les chances de mon côté (pour ceux qui comprennent les références d'Harry Potter, disons que j'ai réfléchi comme une Serpentard).

En plus, Eichstätt, c'est la certitude de ne pas partir seul : l'avantage (et/ou inconvéniant), est qu'on sait dès le début de la deuxième année avec qui on va passer le reste de notre scolarité. On découvre très vite qui sont les 11 autres français et la dizaine d'allemand qui constituent notre promo. Comme le disent les anciens, partir à Eichstätt, c'est rentrer dans une grande famille.

Et Eichstätt, sans être dépaysant comme peuvent l'être des pays comme la Chine, le Japon ou la Corée, c'est quand même tout un monde à part. L'hiver, c'est un peu comme la Suède (neige et froid), et l'été, un peu comme l'Italie (beau et chaud). L'Allemagne, c'est le pays du vélo, de la saucisse en guise de 4-heures, et des 4 ou 5 poubelles dans la cuisine. Et de la bière, aussi. (Je verrais bien à l'usage si je confirme tous ces clichés).

Mis bout à bout, tout cela a été suffisant pour me motiver, et me décider à partir (enfin, diront les mauvaises langues) et j'ai fini par poser mes deux (énormes) valises dans ma petite chambre d'une coloc d'Eichstätt. Je vais maintenant entamer la première de mes deux années d'études à la Katolische Universität Eichstätt, KU (prononcez "ka-ou") pour les intimes, et pour fêter ça, j'ai décidé de reprendre du service.

Je vous souhaite donc une bonne lecture !