dimanche 17 juin 2012

Le BA. Kezako ?


Contrairement à ce que certaines mauvaises langues pourraient prétendre, ce n'est pas à l'effet du deuxième semestre que vous devez ce (très long) silence radio. Contrairement à la plupart de mes compatriotes expatriés, j'ai passé ces deux derniers mois à travailler. Oui pour de vrai : j'ai calqué mon mode de vie sur les horaires d'ouverture de la Bib. J'ai sympathisé avec ces gens (ces chinois notamment) qui restaient avec moi tous les soirs jusqu'à minuit, et que je retrouvais tous les jours, assis à la même place que la veille. Deux mois qui ne m'ont donc pas vraiment laissé de temps pour mettre à jour ce blog.

"Coucou toi ! Tu sais qu'on te voit dans ta photo ?" - Ma vue de la Bib.

 J'ai déjà parlé au mois d'octobre des "particularités" de mon cursus actuel : 2 ans à l'étranger, avec une promo de français et d'allemands qu'on est amené à côtoyer au quotidien, sans parler des promotions supérieures ou inférieures : les 4A - quatrièmes années - ou les Ersties - premiers années allemands. Et à la clé, un double diplôme : sciences po plus un master allemand en sciences politique.


Cependant, tout ça, il faut bien le mériter, et c'est pour ça qu'au cours de nos deux années à l'étranger, on a à chaque fois un mini-mémoire à rédiger (histoire de ne pas se la couler trop douce non plus). Cette année, j'ai donc du rédiger mon Bachelorarbeit, indispensable à l'obtention de ma licence. C'est le résultat d'un long processus, qui a commencé pour moi en janvier dernier. A ce moment là, il faisait froid, il neigeait (parfois) et je sortais encore au moins une fois par semaine.

La première difficulté, en effet, c'est de trouver son sujet, un sujet qui doit être à la fois suffisamment large pour pouvoir écrire 30 à 40 pages, mais suffisamment précis pour ne pas se retrouver avec un problème de place. Il faut donc faire le tour de ses intérêts pour trouver un sujet qui nous passionne (qui nous "fascine", même, comme nous l'avait conseillé un 4A en janvier). Assez rapidement, on se rend compte qu'on a un sujet qui nous attire plus que d'autres, des thèmes d'actualité (ou pas) qu'on aimerait approfondir. C'est ainsi que, partant de mes interrogations sur l'avenir de l'Europe à l'heure de la crise financière, je me suis retrouvée à travailler sur la possibilité d'évolution fédérale de l'Europe à partir de l'exemple américain. Je vous assure, c'est très intéressant.

La preuve que j'ai rendu mon Bacehlorarbeit.
Quand je l'ai eu, je suis allée à la Bib pour une danse de la joie indienne.

 Une fois le sujet trouvé, il faut contacter un professeur de l'université, qui est en général, sinon un spécialiste, au moins un connaisseur du sujet et qui accepte d'être notre Betreuer, c'est-à-dire la personne qui va corriger notre Bachelor. Enfin, il faut remplir un petit papier et l'apporter au Prüfungsamt, l'équivalent local de la vie scolaire/du secrétariat. A partir de là, c'est la "course contre la montre" : on a 12 semaines pour tout écrire (avec la possibilité de demander jusqu'à 4 semaines de prolongation).


Voici l'effet du Bachelor sur une personne lambda. Faisons avancer la cause, protégeons les étudiants !
Effet Bachelor #2

Effet Bachelor #3. Vous commencez à douter de notre santé mentale ?



Working hard.


L'écriture du BA est quelque chose de particulier. Comme tous les travaux de longue durée, c'est assez difficile de s'y mettre vraiment, parce qu'on a toujours cette impression qu'il nous reste plein de temps, et beaucoup d'entre nous avons du faire face à un petit coup de stress à la fin avril/début mai en constatant qu'il allait falloir donner un sacré coup de collier pour pouvoir rendre à temps. Comme en plus il faut écrire en allemand, la difficulté est aussi de construire une argumentation et de réussir à exprimer le plus précisément possible nos pensées dans une langue qu'on ne maîtrise pas forcément parfaitement. Cela demande beaucoup de temps, de vérifications pour saisir toutes les nuances d'un mot, de recherches d'expression, ...

Quand j'en ai eu fini, j'ai du ranger une trentaine de livres dans les rayons de la Bib ...
Le plus étonnant dans la BA, c'est qu'on ne demande pas vraiment à l'étudiant de développer une thèse propre et personnelle, comme on a l'habitude de le faire en France. Au contraire : tout le but de ce mini-mémoire, du moins c'est ainsi que je l'ai compris, et de faire une sorte de travail de regroupement de données et d'informations. Pratiquement chaque phrase est annotée pour renvoyer aux travaux de tel ou tel auteur, à tel article de journal ou à telle thèse. Le Bachelor se joue autant sur la forme que sur le fond. Tout est extrêmement codifié, et c'est très déstabilisant pour nous, français, qui ne sommes pas habitués à une telle rigueur dans nos recherches et notre gestion des sources ... Il a fallu du temps pour réussir à comprendre toutes les subtilités de l'art de la citation (et elles sont nombreuses, croyez-moi !).

Malgré la dose de travail importante, tout s'est bien sûr déroulé dans la joie et la bonne humeur, comme vous pouvez le voir (j'en profite donc pour vous montrer quelques photos d'Eichstätt sous le soleil puisque, depuis que j'ai rendu mon Bachelor, il pleut ici).



lundi 27 février 2012

Bref, on est parties en Laponie. (Enfin !)

La période des vacances est propice aux voyages, c'est bien connu. Mais si pour beaucoup, ça sonne comme fiesta, soleil et farniente, j'ai encore une fois fait les choses un peu bizarrement. En effet, pour fêter le début de mes deux mois de "vacances" (ou plutôt sans cours, comme je vous l'expliquerai dans un prochain article), j'ai décidé d'aller poser mes valises dans un nouveau pays : la Suède ! Enfin, pas vraiment mes valises, puisque je ressemblais à ça :



Je suis donc heureuse de vous annoncer qu'à (presque) 21 ans, j'ai enfin réussi à placer sur une carte les trois pays scandinaves ! Mes profs de géo de collège seraient fiers de moi ...

Je n'ai pas choisi la Suède par hasard : c'est là que Pauline, une de mes amies de sciences po, passe sa troisième année. D'ailleurs avant de partir, je ne connaissais absolument rien à ce pays. Heureusement, un voyage en Laponie et quelques heures à Stockholm ont remédié à ce grand vide de ma culture générale. Nous avons donc visité trois villes suèdes, Stockholm, Kiruna et Abisko.

J'ai décollé de Munich le jeudi 16 en milieu de journée, laissant derrière moi neige et froid, et arrivée à Stockholm, 2 heures plus tard, j'ai retrouvé Maïté (la sœur de Pauline) et Chloé (une de leurs amies) ainsi que ... la neige et le froid ! Pas de choc trop important donc, surtout après la semaine à -15°/-20°C qu'Eichstätt a vécu début février.

Bon ? On va OU ?


Le point de rendez-vous était fixé à la gare, afin de prendre le train de nuit qui devait nous mener sans encombres vers notre première étape, Kiruna. On a pu y faire connaissance avec l'absence de ponctualité des trains suédois : presque deux heures de retard avant même le train parti, puis une correspondance manquée, qui a été remplacée par un bus (4h15 au lieu de 2h30) ... La SNCF n'est pas si nulle que ça au final.


Le bon côté des choses est qu'on a pu profiter des magnifiques paysages lapons pendant tout le voyage !







Au programme des jours qui ont suivis : ballade en moto-neige (où Pauline et moi nous sommes battues à grand renfort de "C'est toi qui commence !" [oui, on n'est rien qu'une bande de froussardes]), ski de fond (on passera sous silences les très nombreuses chutes), raquettes ...

A ajouter à la liste de nos exploits : nous avons vus de magnifiques nuages boréaux. C'est quoi ? Des aurores boréales derrière des nuages. Et last but not least, Pauline et moi avons testé le sauna suédois. Nues. Et en se roulant dans la neige pour se refroidir à intervalles régulières (elle se roulant beaucoup, moi me contentant de m'asperger de neige).

Pour résumer, une semaine absolument magique, complètement hors du temps. D'énormes moments de fou-rires aussi, comme cette soirée sur la banquise le ponton gelé surplombant le lac gelé, où on s'est mises à raconter notre séjour à la manière de Bref. Des moments un peu galère, comme la fois où on a tourné dans Kiruna pendant une heure, crevées, nos sacs lourds sur le dos, dans un froid glacial, tout ça parce qu'un suédois nous avait dit "to the left" en montrant la droite, et que nous on a pris "to the left", à gauche. Des rencontres surprenantes, comme ces Rennais amis de Chloé à l'auberge de jeunesse d'Abisko, ou encore ce chinois qui nous a dit "Vous êtes françaises ? Mais vous parlez super bien anglais pourtant !"

Des souvenirs pleins la tête, des images pleins les yeux, des rires pleins les oreilles. Bref, on est parties en Laponie.








Des toilettes !

Studieuses ! (En attendant un train en retard - encore un !)

Into the Wild [Remix]

On se cultive [fait semblant plutôt] comme on peut.



Oh Oh Un Igloo ! On va dans l'igloo dit ?


Une idée ?


Cœur d'élan et renne séché. Un p'tit creux ?







Un p'tit tour en barque, ça vous dit ?



Je marche sur la glace !



Pinoccio !

Chloé coincée dans la neige !



Le plus important ici (outre l'arrière plan trop moche), ce sont les filles, qui participent à la relève de la garde !

Tempête de neige à 1506 km au nord de Stockholm.







Je suis la reine du monde !

A vos marques ... Prêtes ? Partez !








Lapporten (Lappland's Gates)